1000 raisons de douter
Je demande depuis un bon moment aux gens, les preuves que Dieu existe, les preuves qu'on doit suivre leur institution religieuse, et j'ai eu de nombreuses réponses variées. J'ai un peu lu aussi, maintenant on va regarder avec méthode pourquoi ne pas croire en dieu est plus raisonnable.
La métaphysique ne fonctionne pas
D'une manière générale, pour savoir quelque chose sur le monde, on est obligé de se fier à des observations. La raison est impuissante pour décrire autre chose qu'un système formel. La métaphysique ne permet que de montrer des relations du genre A implique B (avec B conséquence logique de A). On se trouvera toujours coincé pour prouver A, et donc il sera impossible d'admettre B comme absolument vrai. C'est d'ailleurs dans cette démarche que les apologètes, lors des débats, demandent aux interlocuteurs de valider les axiomes (A), pour pouvoir aboutir à la conclusion B. La métaphysique peut aussi bien montrer que A implique (non B) et B lorsqu'A est un système incohérent (du genre A = Socrate est un homme, Socrate est un philosophe, les philosophes ne sont pas mortels, les hommes sont mortels. Et B = Socrate est mortel, non B = socrate n'est pas mortel).
Au mieux, la métaphysique nous permet de montrer l'incohérence de nos croyances. Mais même là, généralement, on se contente de modifier marginalement les définitions de certaines choses, ou ajouter des hypothèses adhocs, pour ne pas avoir à abandonner nos croyances. On peut ainsi trouver des incohérences dans certaines interprétations des propriétés divines. Mais en aucun cas prouver l'existence d'un dieu.
Empirisme
On se retrouve donc condamné à examiner les traces de Dieu. Il faut donc forcément observer les miracles présumés, les écrits sacrés, à la lumière de l'état du monde et de la connaissance qu'on en a. Pour ça, on peut faire une petite expérience de calcul de probabilité en utilisant la formule de Bayes :
P(E|A) : probabilité qu'il y ai un évenement E si dieu existe. P(E|¬A) : probabilité qu'il y ai un évenement E si dieu n'existe pas. P(A) : probabilité que dieu existe. P(A|E) = P(E|A) P(A) / [ P(E|A)P(A) + P(E|¬A)[1 - P(A)] ] On a une généralisation à plusieurs évenements : P(A | E0, E1, ...) = ∏ P(Ei | A) P(A) / [ ∏ P(Ei | A) P(A) + (1 - P(A)) ∏ P(Ei | ¬A)]
Les limitations sont très claires : théoriquement, les Ei sont indépendants, bien évidement ce n'est pas le cas ici car soit dieu cause tout, soit les lois de la physique expliquent tout. Mais on est bien obligé, comme on ne connait ni Dieu, ni chaque conséquence des lois de la physique, de considérer ce genre de modèle.
Passons au calcul
| Evenement (décochez pour l'enlever du calcul) | probabilité que l'explication des théologiens face aux questions sur les textes (ou évenements) soit bonne | probabilité que le monde soit tel qu'il est, considérant que dieu n'existe pas |
|---|
Soit une chance sur
Explications
Par charité, je suis parti d'une probabilité agnostique comme suit : le dieu catholique a une chance sur deux d'être vrai. J'aurais pu partir d'une probabilité basée sur le nombre de croyant, ou sur le nombre de religions, ça aurait été plus bas.
La probabilité que les évènements observés par la science soient corrects sans dieu a été estimée à 0.9. La science peut se tromper sur l'évolution, on pourrait trouver des traces du déluge un jour, si ça se trouve, l'univers n'aurait pas plus de 6000 ans. Par charité, j'ai mis 0.9.
Des témoignages, on en a dans toutes les religions, donc on est obligé de considérer la probabilité d'un faux témoignage élevé : on a la certitude qu'il existe des témoignages extraordinaires de dieux qui n'existent pas. De la même façon, la probabilité qu'il existe des récits erronnés si dieu n'existe pas est très haute.
J'ai mis 0.1 pour la probabilité qu'une explication d'un théologien soit correcte (conforme à ce que dieu aurait voulu inspirer aux hommes qui ont galéré à retranscrire son esprit). Quand on voit la diversité d'explication, 0.1 c'est gentil.
Conclusion
Par charité, je n'ai pas mis beaucoup de problèmes, je n'ai pas mis les problèmes de morale, ni les soucis historiques. Et j'ai introduis quelques "miracles" catholiques. On pourrait débattre longtemps sur la crédence de ces témoignages de miracles, ajouter des soucis, ça serait un débat sans fin, mais là, on a une analyse que j'ai tenté, la plus honête possible.
