Jésus croit aux prophètes

Dans la bible, Jésus fait souvent des références aux prophètes précédents. Pour l'exode, les archéologues disent que l'exode n'a jamais eu lieu. Donc le personnage de Moïse est inventé. Pour Noé, le déluge ne peut pas avoir eu lieu : la géologie, la génétique, l'évolution des espèces, tout contredit un déluge mondial, et le récit de la genèse, tout comme les références qu'en fait Jésus n'auraient aucun sens avec un déluge local.

Mon argument est le suivant :

  • P1 : la génétique contredit Adam et Eve comme premiers hommes.
  • P2 : La géologie, la génétique, l'archéologie, la linguistique, et beaucoup d'autres sciences contredisent le déluge.
  • P3 : L'archéologie contredit l'Exode.
  • A : Supposons que Jésus soit Dieu, et que la bible dise la vérité.
    • Alors Jésus est omniscient.
    • Or Jésus parle de récits mythologiques comme s'ils étaient réels.
    • Donc Jésus se trompe, ce qui est une contradiction.
  • Conclusion : Jésus n'est pas Dieu, ou la bible ne dit pas la vérité

On pourrait dire que ces récits sont métaphoriques, mais dans ce cas là, il faudra examiner ce qu'est une métaphore :

métaphore


nom féminin
Procédé de langage (figure, trope) qui consiste à employer un terme concret dans un contexte abstrait par substitution analogique, sans qu'il y ait d'élément introduisant formellement une comparaison.

Et on se retrouve à devoir dire quels personnages, évenements ou autre sont substitués par les figures de Moïse, Adam et Eve, etc... En concervant bien entendu le pouvoir de Dieu. Dans une métaphore en poésie, on comprend ce dont l'auteur parle, le but d'une métaphore n'est pas de crypter le message mais de faire une analogie, le sens n'est pas perdu. Il est donc impropre d'invoquer une analogie ET un mystère. Si on invoque la métaphore et le mystère, la conclusion est la suivante : la bible ne veut rien dire dans une très grande partie de son texte, certaines menaces (l'apocalypse) ou principes moraux sont justifiés ou substitués par des choses inconnues, et il est impossible d'en comprendre le sens.

Quand un texte est métaphorique, le lecteur peut toujours dire pourquoi c'est métaphorique, pourquoi l'auteur voulait dire autre chose. Et on peut facilement proposer une interprétation qui est comprise par le contexte. Or là, quand Jésus parle, il est plus cohérent de comprendre que Jésus croyait bien que Moïse, Noé et Adam ont vraiment existé, et que ce n'est pas métaphorique.

La métaphore pose aussi un problème de continuité de la croyance : les croyants ont principalement cru à un récit au sens propre. Parfois avec quelques variations sur quelques sujets, mais avant le 19e siècle, la genèse et l'exode n'étaient pas remises en question. Les gens y croyaient, parfois avec des questions sur l'ordre ou la durée de la création. Mais les croyants prennaient Adam et Eve, Moïse et Noé au sens propre. Et c'était enseigné ainsi. Est-il plus raisonnable de penser que le texte veut dire ce que les gens ont cru pendant des siècles ? Ou doit-on penser que le texte veut dire ce que quelques croyants en comprennent depuis que la science a avancé sur la géologie, l'archéologie, la génétique, le nucléaire et l'astronomie ?

Parcimonie

Et c'est là ou le principe de parcimonie rentre en jeu : Soit Dieu a créé le monde et donne une description métaphorique dont on ne comprend pas le sens métaphorique, et il le détruira dans un apocalypse dont on ne comprend pas le sens non plus, soit il n'y a pas de dieu et aucun mystère n'est ajouté (ie : les mystères en sciences sont tout autant mystèrieux qu'on croit ou non en Dieu : dire que dieu a créé la matière noire ne comble pas le mystère de cette matière, ne décrit pas son origine, son comportement ou sa composition. Généralement, Dieu ajoute même du mystère sur les questions scientifiques : pourquoi dieu aurait-il créé la matière noire alors que pour tester notre libre arbitre pour choisir si il nous envoie au paradis ou en enfer, il aurait simplement pu créer "les sims" et ajouter du libre arbitre dedans ?). Et donc, l'hypothèse la plus partimonieuse est l'hypothèse naturelle sans Dieu et sans bible.

Les versets en question

Pour Jésus selon Luc, la pluie de feu sur Sodome, ou le déluge ont vraiment eu lieu :
Dans Mathieu, Jésus croit aussi à Noé et au déluge :
Et à Moïse
ou ici :
Il croyait aussi au premier meurtre : Abel fils d'Adam et Eve, tué par son frère.

Conclusion

Ces versets sont très explicites, ils ont tout leur sens dans une population qui croyait aux prophètes de façon non métaphorique. Il est évident que Jésus en parle de façon non métaphorique. Jésus n'apporte aucune compréhension du monde en prononçant ces paroles, au contraire il propage des légendes fausses. La conclusion évidente est la suivante : si Jésus a bien prononcé ces paroles, alors Jésus était un juif de son époque, avec les croyances des gens de son époque. Pas un dieu omniscient.