L'OMS et le VIH contre la religion

Dans plusieurs débats, j'ai du défendre les droits des personnes homosexuelles. La forme de ces débats ne me permet pas d'être exhaustif sur les réponses aux attaques des homophobes religieux ; on va donc revenir ici sur l'argument : VIH et homosexualité.

Références de ces débats

Le pasteur qui parle du mariage comme solution contre le sida : sur ma chaîne

Seulement les homos ?

Pour lutter contre le VIH, il faut de toute façon soigner et prévenir aussi chez les hétéros. Donc interdire l'homosexualité ne serait de toute façon pas une solution.

L'appel à l'OMS

Hume

Si on appelle juste l'aspect scientifique et pas le volet recommandations politiques, alors un "c'est" n'implique pas un "tu dois". Mais l'OMS propose quand même des recommandations pour se débarrasser du VIH, accompagner les gens, etc... Et prendre la charia en refusant les recommandations de l'OMS c'est grossier.

Cependant, de nombreuses personnes n’ont pas accès aux informations et aux compétences nécessaires pour prévenir le VIH. Il arrive que d’importants obstacles juridiques et sociaux empêchent les gens d’avoir accès à des services et à des mesures de prévention efficaces. Certaines populations sont plus exposées au risque d’infection par le VIH, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les consommateurs de drogues injectables, les personnes détenues en prison et dans d’autres milieux fermés, les travailleurs du sexe et leurs clients, et les personnes transgenres.
Ces populations, appelées « groupes clés », sont souvent marginalisées au sein des communautés, leurs comportements sont incriminés et elles se heurtent à des obstacles de taille qui les empêchent d’accéder aux services de prévention et de traitement du VIH et autres services de santé.
[...]
La circoncision masculine médicale réduit de près de 60 % le risque de transmission sexuelle du VIH de la femme à l’homme. La circoncision masculine médicale volontaire est une intervention unique qui confère une protection partielle à vie contre le VIH et d'autres infections sexuellement transmissibles. Elle devrait toujours être envisagée dans le cadre d’un ensemble complet de mesures de prévention et ne devrait pas remplacer les autres méthodes de prévention connues telles que les préservatifs, masculins et féminins.L'ensemble de services minimum devrait inclure : un apprentissage de pratiques sexuelles plus sûres, la promotion des préservatifs, la prise en charge des infections sexuellement transmissibles, le dépistage du VIH, le traitement pour les hommes et les adolescents de 15 ans et plus dans les contextes à forte charge de VIH. OMS

Donc ici c'est assez clair : oui les homos sont plus à risque, MAIS la charia ou autre forme de stygmatisation (qui peut être chrétienne) augmente ces risques. Et la circoncision recommandée est VOLONTAIRE, et ne remplace PAS le reste.

[...] (page 19)
à instaurer l’égalité des sexes et à autonomiser les femmes et les filles
[...] à promouvoir l’avènement de sociétés ouvertes à tous, soucieuses d’éliminer les discriminations
[...] (page 21)
Une approche de santé publique s’efforce d’instaurer l’équité en santé et de promouvoir l’égalité des sexes,
[...] (page 31)
Le système doit veiller à ce que les citoyens aient accès à des services effi caces de prévention du VIH ; à ce qu’ils bénéfi cient d’un dépistage, reçoivent un diagnostic et le comprennent ; à ce qu’ils soient orientés vers les services de prévention compétents ou les services de prise en charge ; à ce qu’ils soient rapidement mis sous thérapie antirétrovirale si un diagnostic de séropositivité est posé ; à ce qu’un traitement effi cace continue de leur être appliqué pour supprimer durablement la charge virale
[...] (page 32)
Certaines populations sont particulièrement vulnérables à l’infection à VIH en raison de leur forte exposition au virus et/ou de leur inaptitude à éviter les risques ou à recourir à des opérations de prévention effi caces. Comme indiqué, les facteurs qui accroissent la vulnérabilité au VIH dans certains lieux et chez certaines populations, notamment les fi lles et les jeunes femmes en Afrique subsaharienne, sont l’inégalité des sexes, les actes de violence sexuels et sexistes, la stigmatisation et la discrimination. Chez d’autres populations, la vulnérabilité peut être liée aux conditions de vie, comme les hommes qui vivent dans des centres miniers ou en détention, ou à leur incapacité à accéder aux services, comme les migrants et les populations déplacées.
[...] (page 33)
Prévention et gestion de la violence sexiste et sexuelle : il est largement reconnu que les femmes et les fi lles sont particulièrement vulnérables aux violences sexistes et sexuelles ; cependant, les garçons, les hommes et les personnes transgenres sont également vulnérables. Des interventions structurelles, visant à lutter contre les inégalités entre les sexes et les comportements antisociaux, l’usage nocif de l’alcool ou d’autres facteurs de risque majeurs s’imposent pour prévenir les violences.
[...] (page 38)
Les interventions de lutte contre le VIH obtiennent des résultats optimaux lorsqu’elles sont mises en œuvre dans un contexte social, juridique, politique et institutionnel adéquat, qui encourage la population à accéder et à recourir à des services sans subir de stigmatisation ni de discrimination,
[...] (page 44)
Créer des cadres institutionnels et communautaires qui permettent aux individus d’accéder aux services de traitement du VIH en toute sécurité, sans crainte de discrimination, en faisant participer les communautés à la planifi cation et à la prestation de services de manière à en améliorer la portée, la qualité et l’effi cacité. Combattre l’inégalité entre les sexes en intégrant des interventions fondées sur des bases factuelles aux programmes et stratégies nationaux de lutte contre le VIH. OMS

Conclusion

Très clairement, les conclusions de l'OMS ne sont pas de faire appliquer la charia, ni de marginaliser les homos comme le pape pourrait le proposer. L'OMS propose la capote (interdite par le pape), la PREP pour limiter les infections, les dépistages sans le moindre blocage (donc des politiques sociales, et aucune marginalisation des populations à risque) et des ARV. Et aucune discrimination, ni entre homme et femmes, ni envers les homos, ni envers les séropositifs.

Les discriminations envers les gens qui ont le VIH et qui sont traités par des ARV sont injustifiés : sous traitement, ils ne peuvent pas transmettre l'infection. Quelqu'un qui ne se dépiste jamais est suceptible de transmettre le VIH, mais quelqu'un sous ARV non même si il conserve le VIH en lui. Actuellement, ces gens souffrent de beaucoup de discriminations et de maladresses (et cet article n'est peut-être pas irréprochable)

Pour plus d'informations

Concernant la vie des personnes qui ont le VIH, les discriminations auxquelles ils font face : @supersero9934